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La belle aventure de l'équipe des GDR de 1987

12 novembre 2018 - 20:32

Le 18 novembre prochain, les GDR recevront l’US Montagne lors du 7e tour de la Coupe de France et feront en sorte de prendre leur revanche face à une équipe qui les avait difficilement battus il y a deux ans. Ils ont profiteront aussi pour célébrer une équipe qui fit rêver nombre de Guipavasiens il y a plus de 30 ans. En effet en 1987, sous la houlette de l’entraineur-joueur Bernard Kerléguer, Les Bubu Madec, Guy Nicolas, Alain Jacob  et autres Peter Quéguineur, vécurent une formidable épopée qui les conduisit jusqu’en 32e de finale de la Coupe de France. C’est cette belle aventure que nous allons vous raconter en nous appuyant sur les souvenirs de certains de ses acteurs et les articles de presse de l’époque.                                          

En 1987 l’équipe fanion des GDR évoluait en DHR et n’est donc entrée en lice en Coupe de France qu’au deuxième tour de la compétition. De l’aveu même de Peter Quéguineur et Gus Nicolas, les trois premiers matchs joués respectivement contre Ploudaniel ( victoire 2 à 0, but de JL Caradec et un csc de Ploudaniel), L’ASPTT ( victoire 1 à 0 but de Gus Nicolas) et St Thonan ( victoire 2 à 0, buts de Bubu Madec et Alain Jacob) furent relativement difficiles et laborieux même s’ils opposaient les GDR à des équipes hiérarchiquement inférieures.                                                      

 Le 5e tour de la Coupe de France allait véritablement lancer l’aventure des Guipavasiens puisqu’il les faisait affronter le stade plabennécois, véritable épouvantail dans leur groupe de DSR entrainé à l’époque par Jean-Louis Lamour, ancien coach des GDR. La partie s’annonçait très difficile face à une équipe que les « petits bleus de Guip » n’avaient pas battu depuis six ans. Après un match âpre et disputé, comme le sont traditionnellement ce genre de derby ( la presse de l’époque soulignant même le gros match défensif d’Alain Jacob et Bernard Kerleguer face aux attaquants plabennecois).  Plabennec dominait pendant les vingt cinq premières minutes de jeu en monopolisant le ballon mais les Guipavasiens pliaient sans rompre et finissaient par se reprendre et même par l’emporter sur  le score le plus infime grâce à  un but de Bernard Boucher. Le stade plabennecois avait laissé passer sa chance et les protégés du président Jo Jacolot pouvaient continuer leur aventure en Coupe de France. Les hasards du tirageallaient encore mettre sur la route des GDR, une autre terreur finistérienne,  le stade Léonard Kreisker (D4 ce qui correspond aujourd’hui à la N3). Emmenés par un Gilbert Ach en grande forme, les hommes de Bernard Kerléguer vont faire déjouer les St politains et les emmener jusqu’aux tirs au but sans que rien ne soit marqué. C’est là que le gardien des GDR , Saïk Inizan, va s’illustrer en arrêtant les tentatives de trois joueurs léonards. Beau joueur, le coach léonard,  Nigel Page Jones (ancien joueur emblématique du Stade brestois) déclara à la presse à l’issue du match qu’il s’attendait « à un match difficile et que moralement l’équipe la plus solide l’avait emporté ».

 Pour le 7e tour de la coupe, les Guipavasiens allaient encore une fois hériter d’un gros morceau puisque c’est le Véloce Vannes, club de D3 (aujourd’hui N 2) qui se mettait en travers de leur route. L’entame du match très enlevée des GDR allait vite payer puisque Hervé Manach ouvrait le score après dix minutes de jeu grâce à une magnifique reprise de volée au premier poteau sur un corner tendu de Gus Nicolas.

Prenant peut être le petit poucet de la coupe un peu de haut, les Vannetais allaient pourtant à leur tour se casser les dents sur la muraille bleue et ne pas parvenir à revenir au score.

Bernard Kerléguer et Alain Jacob déclaraient à la fin du match qu’ils avaient été surpris par le manque de motivation de leurs adversaires et qu’ils s’attendaient à souffrir plus que cela. En attendant, le millier de spectateurs présents au stade municipal pouvait exulter car l’aventure continuait.                                                                                                   

Les supporters de Patrick Laviec et de ses coéquipiers allaient devoir se déplacer pour le match suivant à Bohars, club de Promotion d’Honneur, qui  attendait de pied ferme les GDR dans son antre du Veuleury. Plus de cinq mille spectateurs se pressèrent pour voir ce que tous annonçaient comme un match historique. C’est sans doute plus la forte affluence au match et la belle prestation des Guipavasiens qui restent dans les mémoires des habitants de Bohars que la prestation de leur équipe. En effet jamais les locaux ne furent en mesure de relever le défi que leur proposaient les GDR. Les journaux de l’époque le relatent très bien, en une mi-temps, l’affaire était pliée et le gardien de Bohars était allé à trois reprises chercher le ballon au fond de ses filets. La maitrise de Gilbert Ach, les accélérations de Patrick Laviec , la fougue de Gus Nicolas, la solidité de Peter Quéguineur et l’invincibilité de Saïk Inizan dont la cage était restée vierge depuis l’entrée de Guipavas en Coupe de France avaient eu raison des boharsiens. Jean Jacques Cuiffardi, Bernard Boucher et Bubu Madec, les buteurs du jour allaient être fêtés dans tout Guipavas durant une nuit particulièrement arrosée.

 Sous les yeux de Patrick Sébastien, la main innocente de Sabine Paturel, chanteuse au succès très éphémère, allait exaucer le souhait du président guipavasien Jo Jacolot. Il disait vouloir passer le tour de Bohars pour mourir à Francis Le Blé contre une grosse équipe de D1 (aujourd’hui L1)  ou D2  (aujourd’hui L2). Les joueurs rêvaient eux à voix haute de « croiser les crampons » avec ceux du PSG, de Nantes ou de Bordeaux, tandis que Charles Kerdilès, maire de la ville à l’époque penchait lui pour le Stade Rennais. Mais ce fut le FC Tours, équipe de D2 (aujourd’hui L2), qui sortit du chapeau. La république du Centre Ouest fit le déplacement jusque dans la banlieue brestoise pour voir qui étaient les adversaires des tourangeaux. Elle titra à l’époque que le petit poucet s’accordait 20% de chances de terrasser les joueurs pros. 

Le miracle n’eut pas lieu car il suffit de trois minutes (entre la 18e et la 21e m) pour que Guipavas encaisse trois buts et perde toute illusion de succès. Vaillants les GDR, relèveront la tête et se procureront même une belle occasion par Vévé Manach. Hélas, Saïk Inizan encaissera encore quatre buts  sans que les Guipavasiens ne parviennent à réduire le score. Jean-Marc Desrousseaux, gardien de Tours déclara à la fin du match qu’il aurait aimé que les GDR marquent un but mais qu’il n’était pas là pour  faire des politesses tandis que son coéquipier Paco Rubio ajoutait qu’un match de coupe n’était jamais gagné à l’avance et qu’on pouvait buter contre une équipe comme Guipavas. Du côté des banlieusards brestois les analyses fusaient, Gus Nicolas concédait que les grandes dimensions du terrain avaient été un handicap, Alain Jacob reconnaissait la vitesse de jeu de Tours tandis que Gilbert Ach admettait avoir souffert à cause de la qualité de jeu des joueurs pros.

La belle aventure prenait fin après un tour d’honneur, les acclamations des 2691 spectateurs et un retour triomphal dans le bourg de Guipavas. César Kerléguer, trésorier à l’époque était ravi, le trésor de guerre amassé par cette belle campagne en coupe de France allait permettre au club si cher à l’abbé Kerveillant de fonctionner sans difficultés pendant plusieurs années. La belle histoire s’est écrite il y a plus de trente ans.

Dimanche dix huit novembre, les anciens de l’équipe de 1987 seront fêtés par les GDR à l’occasion du match de Coupe de France contre l’US Montagne. Pour les anciens ce sera sans doute l’occasion de se remémorer des beaux souvenirs, pour les jeunes générations de peut être découvrir une des plus belles pages de l’histoire de notre club. Pour les joueurs, cela pourrait être aussi une source supplémentaire de motivation pour imiter leurs anciens et poursuivre leur belle aventure. Pour les anciens de 1987, cela sera surtout une belle occasion de se revoir et d’avoir une grosse pensée pour Saïk Inizan et Jacques Le Guen, malheureusement disparus, mais qui par le souvenir seront encore présents dans les travées du stade Rico Lamour.

Commentaires

Guy Nicolas 13 novembre 2018 20:01
Supporter

Bravo Olivier pour ce bel article qui relate une belle aventure et nous souhaitons à l équipe d aujourd'hui de vivre de tels moments Gus Nicolas

Pl Equipe Pts Jo V N D Bp Bc Diff
1 Tregunc US 27 12 9 0 3 32 15 17
2 Plouzané ACF 2 25 12 8 4 1 23 14 9
3 Concarneau US 2 22 12 7 1 4 31 14 17
4 Guipavas GDR 21 12 6 3 3 24 23 1
5 Lorient CEP 20 12 6 2 4 21 24 -3
6 Ergué Gabéric PD 18 12 5 3 4 27 22 5
7 Plabennec S 2 17 12 5 2 5 27 24 3
8 Chateaulin FC 15 12 4 3 5 10 16 -6
9 Vannes OC 2 15 12 4 3 5 21 21 0
10 Saint Renan EA 13 12 3 4 5 18 21 -3
11 Plouvorn AG 12 12 3 3 6 9 21 -9
12 Auray FC 10 12 1 7 4 9 13 -4
13 Theix A 9 12 2 3 7 13 23 -10
14 Pontivy GSY 2 8 12 2 2 8 15 33 -18